Toxic

Identité : Torrick Ablack aka Toxic
Date de naissance : 1965
Nationalité : Américaine
Formation : Autodidacte

ON L’AIME POUR

  • Sa manière d’exploser les frontières entre graffiti et art contemporain.
  • Sa capacité à conjuguer culture old school, abstraction et énergie expérimentale.
  • Sa peinture qui ne se livre pas immédiatement mais rappelle que l’art n’est jamais neutre. 

Les lettres ne sont pas innocentes, elles portent du pouvoir, une histoire. Et je questionne le système parce que je n’accepte pas d’être soumis.

Toxic

Né dans le South Bronx au milieu des années 1960, Torrick Ablack grandit dans un New York traversé par les tensions sociales, la pauvreté et l’émergence des cultures urbaines. Très jeune, il découvre les lettrages des gangs puis les premiers graffitis qui envahissent les trains et les murs du Bronx. Fasciné par cette énergie visuelle, il rejoint rapidement Kool Koor, A-One et le crew T.M.K. Dans les années 1980, alors qu’il n’a encore qu’une quinzaine d’années, Toxic est repéré par Stefan Eins à la Fashion Moda Gallery, lieu central de l’avant-garde new-yorkaise. Peu après, le collectionneur Sidney Janis lui offre un contrat exclusif exceptionnel pour un artiste aussi jeune issu du graffiti. Cette reconnaissance précoce bouleverse son existence. Toxic découvre alors les milieux artistiques de Downtown Manhattan, fréquente Basquiat, Rammellzee, Andy Warhol et les artistes de l’East Village. Avec Basquiat et Rammellzee, il fonde le collectif Hollywood Africans, symbole d’une génération d’artistes noirs décidés à imposer leur place dans le monde de l’art. L’Europe devient rapidement un second territoire de création, notamment l’Italie et la France, où le graffiti est accueilli avec davantage de curiosité institutionnelle qu’aux États-Unis. Depuis quarante ans, Toxic construit ainsi un parcours singulier entre rue, ateliers, galeries et musées, sans jamais renier ses origines.

Le travail de Toxic repose sur une fusion permanente entre écriture old school, abstraction gestuelle, musique et expérimentation plastique. Son œuvre refuse les catégories figées. Si la bombe reste son outil de prédilection, il explore également peinture, photographie, dessin, céramique ou installation dans une logique profondément libre. Les lettres, souvent déstructurées, se mêlent à des réseaux de signes, des textures et des compositions explosives qui traduisent autant l’énergie du graffiti que les influences de l’expressionnisme abstrait et des avant-gardes new-yorkais. Toxic travaille beaucoup la profondeur, les superpositions et les effets de matière afin d’échapper à la dimension trop plate qu’il associe parfois au spray. Derrière la virtuosité technique apparaît une réflexion plus politique sur la place des artistes issus des cultures urbaines dans l’histoire de l’art contemporain. Refusant les étiquettes réductrices, il revendique pleinement son statut d’artiste contemporain tout en rappelant l’importance historique des pionniers du graffiti. Son œuvre conserve ainsi une tension constante entre mémoire de la rue et reconnaissance institutionnelle. Toxic poursuit aujourd’hui une recherche foisonnante nourrie par la photographie, la musique, les voyages, les rencontres.

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