Sino
Identité : Sino
Date de naissance : 1970
Nationalité : Française
Formation : Arts graphiques
ON L’AIME POUR
- Sa manière de pousser la simplicité du lettrage jusqu’à l’obsession.
- Son dialogue permanent entre rigueur structurelle et lâcher-prise radical.
- Sa capacité à transformer la contrainte en moteur de création.
Ce qui m’anime avant tout, c’est créer. Le lettrage, l’abstraction, le volume… ne sont pas des ruptures, mais un cheminement.
Sino
Pionnier du mouvement graffiti français, Sino est issu de la deuxième génération de graffeurs franciliens. En 1986, il débute son travail sur la lettre, imposant alors sa signature sous forme de tag, avant d’être influencé par les fresques du collectif FBI à La Défense. Très vite, il développe une fascination particulière pour les contraintes du lettrage et pour l’exigence technique du Simple Style. Là où d’autres recherchent la complexité du Wild Style, il choisit au contraire la sobriété et la lisibilité absolue. Pour lui, le graffiti consiste avant tout à poser son nom avec efficacité, sans artifices inutiles. Cette recherche devient rapidement une obsession. Depuis la fin des années 1980, il réinvente sans cesse les quatre lettres de son blaze, refusant la répétition tout en conservant une identité immédiatement reconnaissable. Très attaché au graffiti illégal, Sino construit également son rapport à la création dans l’adrénaline, les repérages nocturnes et l’expérience collective de la rue. Pourtant, avec le temps, l’atelier s’impose progressivement comme un nouvel espace de recherche. Ce passage vers la toile ne se fait pas dans la continuité directe du graffiti mais dans une volonté assumée de rupture. En atelier, il cherche à abandonner les automatismes du writing afin d’explorer d’autres formes de création, plus ouvertes, plus risquées et profondément liées au lâcher-prise.
Le travail actuel de Sino repose sur une tension permanente entre contrôle et abandon. Même lorsqu’il s’éloigne du lettrage traditionnel, son œuvre conserve une rigueur structurelle héritée du graffiti. Ses toiles fonctionnent comme des fragments de murs traversés par le temps : textures fissurées, coulures, éclats et strates de matière évoquent autant la ville que les traces laissées par l’existence. Contrairement à sa pratique du graffiti fondée sur la maîtrise, Sino cherche ici à se surprendre lui-même. Il commence souvent ses œuvres sans croquis ni plan préalable, laissant les accidents et les réactions de la matière guider progressivement la composition. Ce lâcher-prise reste pourtant difficile pour un artiste habitué à tout analyser et contrôler. Ses œuvres avancent ainsi dans un équilibre fragile entre instinct et construction. En parallèle, il développe un important travail de sculpture et d’expérimentation autour de matériaux comme le silicone, la céramique, la porcelaine ou le métal. Cette curiosité constante nourrit une pratique profondément évolutive où chaque nouveau projet implique une remise en question. Entre abstraction, matière et mémoire du graffiti, il poursuit aujourd’hui une œuvre exigeante fondée sur le refus de la facilité et la nécessité permanente de se réinventer.








