Nasty
Identité : Nasty
Date de naissance : 1975
Nationalité : Française
Formation : Autodidacte
ON L’AIME POUR
- Sa manière de transformer le lettrage en langage plastique vibrant et sensoriel.
- La pureté des lettres, la chromie simplifiée, la recherche d’équilibre entre le support et la composition
- Sa capacité à faire dialoguer mémoire du graffiti, patrimoine urbain et émotion visuelle.
Peindre sans avoir comme objectif d’être reconnu est ce dont je suis le plus fier. Pour moi, comme pour d’autres graffeurs, cette reconnaissance est une récompense… pas un but.
Nasty
Né à Paris en 1975, Nasty découvre le graffiti à la fin des années 1980, en pleine déferlante hip-hop venue de New York. Il n’a alors que treize ans lorsqu’il commence à inscrire son blaze sur les murs et dans le métro parisien, terrain de jeu clandestin qui deviendra rapidement le centre de sa pratique. Fasciné par les lettres, l’écriture et la puissance graphique des noms stylisés, il développe très tôt un goût pour le lettrage pur, direct, exécuté à main levée. Membre du collectif AEC (Artistes En Cavale) au début des années 1990, il participe à une génération qui impose durablement les codes du graffiti parisien. Très vite repéré par Magda Danysz, il expose dès 1992 aux côtés de figures historiques comme JonOne ou Psyckoze. Pourtant, le passage de la rue à la galerie ne s’impose jamais comme une finalité. Nasty reste profondément attaché à l’énergie brute du graffiti vandale, à l’adrénaline du terrain, aux tunnels, aux rames de métro et à cette culture construite loin des institutions. Longtemps poursuivi pour ses actions illégales, il continue néanmoins de peindre sans chercher à lisser son identité. Son parcours se construit ainsi dans une tension constante entre reconnaissance artistique et fidélité à l’esprit originel du graffiti. Cette dualité nourrit encore aujourd’hui l’ensemble de son œuvre.
Chez Nasty, tout part de la lettre. Mais celle-ci dépasse rapidement sa fonction typographique pour devenir matière, rythme et composition. Son travail se distingue par des couleurs explosives, souvent chaudes et acidulées, pensées comme une réponse directe à la grisaille urbaine. Jaunes vifs, roses saturés, turquoises électriques : sa palette construit des surfaces vibrantes où le regard circule comme dans une partition visuelle. Au fil des années, son langage plastique s’est épuré. Les compositions gagnent en respiration, les supports dialoguent davantage avec la peinture, les transparences et les textures prennent une place centrale. Cette recherche l’a conduit à investir des objets directement liés à l’histoire du métro parisien : plaques émaillées de la RATP, plans de lignes, carreaux de faïence, signalétiques urbaines. En les détournant, Nasty ne cherche pas seulement un support original : il réactive la mémoire physique du graffiti et de la ville. Ses inclusions de bombes aérosols dans la résine prolongent cette logique : figer dans un bloc transparent l’outil même d’une pratique fondée sur l’éphémère. Entre archive, sculpture et objet culte, ces pièces condensent toute une histoire du graffiti. Aujourd’hui, son travail circule entre galeries, institutions et collaborations populaires avec de grandes marques, sans jamais rompre avec ses racines underground. Figure majeure du graffiti français, Nasty poursuit une œuvre profondément liée à Paris, à son réseau souterrain et à cette culture de l’écriture qu’il continue de défendre depuis plus de trente-cinq ans.








