Can2
Identité : Fedor Wildhardt aka Can2
Date de naissance : 1976
Nationalité : Allemande
Formation : Autodidacte
ON L’AIME POUR
- Son équilibre rare entre maîtrise technique et énergie instinctive.
- Sa manière de faire danser les lettres entre breakdance, abstraction et rythme.
- Sa capacité à relier l’histoire du graffiti à des gestes artistiques archaïques et universels.
Le graffiti doit être illégal. C’est l’ultime forLe style et la technique ne sont que des véhicules ; seul l’état d’esprit définit un writer.me de rébellion artistique.
Can2
Originaire de Mayence, en Allemagne, Can2 découvre très jeune la culture hip-hop à travers le breakdance avant de s’immerger dans le graffiti au début des années 1980. Cette double pratique marque durablement son approche artistique. Chez lui, la lettre n’est jamais figée : elle tourne, rebondit, vrille et semble portée par une énergie physique héritée directement du mouvement des corps. Dès ses premières pièces, Can2 développe une attention particulière au rythme, à la lisibilité et à la construction du style. Il construit lentement une écriture personnelle nourrie par des décennies de pratique, de murs peints et de recherches graphiques. Son travail évolue comme une spirale : revenir sans cesse aux mêmes fondations pour les approfondir différemment. Très actif sur la scène internationale depuis les années 1990, membre des crews SUK (Stick Up Kids), TWS (The Wild Side) et UA (United Artists), il participe à l’émergence des grands festivals européens tout en développant progressivement un travail d’atelier plus introspectif. Ce passage vers la toile ne signifie jamais un abandon du graffiti mais une extension de ses possibilités.
Le travail de Can2 repose sur une tension constante entre structure et mouvement. Ses lettres conservent une grande lisibilité tout en se déployant dans des architectures complexes traversées par le rythme et la vibration. Le breakdance influence directement cette dynamique : chaque courbe, mouvement ou torsion agit comme une chorégraphie visuelle. Derrière cette énergie se cache pourtant une construction extrêmement précise où proportions, équilibre et circulation du regard sont minutieusement travaillés. Can2 considère la lettre comme le cœur du graffiti et refuse qu’elle disparaisse totalement dans l’abstraction. Ses œuvres figuratives, notamment ses Bboys inspirés de la culture hip-hop new-yorkaise, prolongent cette réflexion en ajoutant profondeur et narration à ses compositions. Depuis plusieurs années, son travail évolue vers des recherches plus archaïques autour des textures minérales, des symboles primitifs et de l’art pariétal. En utilisant des fonds évoquant la pierre et des motifs proches des peintures rupestres, il rapproche les premiers gestes humains des codes du writing contemporain. Une manière de relier le graffiti à un besoin ancestral : marquer une surface pour affirmer une présence. Cette collision entre archaïsme et sophistication crée des œuvres où coexistent instinct primitif et maîtrise technique. Sur mur comme sur toile, Can2 cherche moins l’harmonie parfaite que l’intensité, cette sensation de tension permanente où le contrôle semble toujours sur le point de céder à l’accident. Aujourd’hui, son travail circule entre fresques monumentales, expositions et recherches expérimentales, confirmant la singularité d’un artiste qui inscrit le graffiti dans une histoire beaucoup plus vaste du geste humain.








