« Tous EN100BLE pour l’hôpital » : un rendez-vous très attendu
Avant d’intégrer les espaces de soins, les œuvres du projet se rassemblent le temps d’un événement placé sous le signe du partage.
Réunies pour un temps limité, la centaine d’œuvres se donnent à voir dans leur pluralité, révélant la diversité des écritures plastiques autant que la cohérence d’un engagement partagé. Artistes, visiteurs, proches, curieux… tous se croiseront dans l’écrin d’Artifexlab autour de ce qui fait le cœur du projet : une attention tournée vers les autres. Porté par cette énergie, l’événement, fait de rencontres, d’échanges et de moments partagés, se veut simple, direct et profondément humain.
As-tu atteint l’objectif initial de 100 œuvres de 100 artistes ?
Mieux encore puisque l’objectif initial est largement dépassé. Au-delà des chiffres, ce qui est intéressant, c’est surtout l’ouverture du projet à des pratiques et à des sensibilités différentes, avec des artistes plus « classiques », des artistes contemporains… Ce panel artistique – spray, pochoir, huile, gravure sur verre ou sur miroir, volume… – permettra de toucher un maximum de personnes – les patients, leurs proches, le personnel –, en offrant une diversité de styles dans laquelle chacun pourra se retrouver. Le projet a ainsi dépassé son cadre initial, ouvrant le champ des possibles beaucoup plus large, et ça, c’est incroyable !
Par les rencontres, tu ouvres également le projet à d’autres disciplines…
Comme la guitare sur le logo de l’association le suggère, la musique tient une place importante dans ma vie : j’en écoute en permanence et je passe beaucoup de temps en concert. D’où l’idée d’intégrer au projet des artistes issus de la scène musicale avec un ancrage urbain. Ils pourraient laisser leur empreinte en partageant leur ressenti sur l’hôpital à travers un texte par exemple. Comme l’art pictural, la musique a toute sa place dans ce projet, qui continue de s’écrire avec l’envie de réunir des créateurs d’horizons différents. C’est dans cet élan que de nouveaux objectifs apparaissent, et puisque rien n’est figé, tout reste ouvert.
Pour en revenir à la genèse, comment ce projet un peu fou a-t-il pu devenir une réalité ?
Grâce à toutes les personnes qui se sont embarquées avec moi dans cette aventure et ont « subi » ma folie ! Il y a d’abord les membres de l’association : Sandrine, vice-présidente, ma compagne depuis 18 ans – parce qu’à côté de chaque petit homme il y a une grande femme – ; Cyril, trésorier, l’ami avec lequel j’irais au bout du monde ; Nathalie, secrétaire, une amie de longue date. Il y a aussi les proches restés dans l’ombre, notamment Julien et Pascal, pour leur écoute et leurs coups de main précieux. Je citerais aussi Nathalie, « susciteuse » d’émotions, la première à avoir activé les invitations aux artistes ; Raphaëlle, qui a pris le relais ; Romain, artiste du projet, devenu un confident et un conseiller précieux. Je remercie évidemment les artistes, sans qui rien n’aurait été possible : ceux qui ont accepté de rejoindre cette folle aventure, mais aussi ceux que je n’ai pas pu embarquer. Je remercie également les partenaires qui partagent nos valeurs. URBAN ARTS magazine a très vite répondu présent. Outre les conseils de Gabrielle et Pascal, les articles publiés lui ont apporté de la visibilité et une forme de légitimité. Le Géant des Beaux-Arts nous soutient à travers une enveloppe annuelle et le don de matériel non commercialisable, dans une démarche environnementale qui fait sens. Avec Laldja et Gwenaëlle comme interlocutrices engagées, Proserve Dasri – société de gestion de déchets de soins –, nous apporte un soutien financier. Grâce à Laurent et Cyril, CS Group – qui fabrique l’Acrovyn sur laquelle tous les artistes ont peint –, contribue au projet par le don de matériel. Le Crédit Mutuel de Moret-sur-Loing accompagne l’association à travers les subventions accordées et la gratuité des comptes, un soutien rendu possible grâce à David et Stéphanie. Enfin, je remercie Benjamin Rittner de nous offrir le magnifique écrin d’Artifexlab pour les 3 jours d’exposition.
Pourquoi présenter les œuvres avant de les installer dans l’hôpital ?
Pour remercier les artistes mais aussi pour leur donner la visibilité qu’ils méritent. Ce sera également l’occasion pour le public de découvrir toutes les œuvres réunies dans un même espace, avant qu’elles ne rejoignent leur destination – l’hôpital –, où elles ne seront accessibles qu’aux patients, à leurs proches et au personnel soignant.
Quelles surprises réservent ces trois jours d’exposition ?
Au-delà de l’exposition, ce sera surtout trois jours de partage où chacun pourra aussi prendre le temps de boire un verre ou de se restaurer à des prix raisonnables. Le vernissage – vendredi 12 juin à 19h – sera ouvert à tous, avec comme mot d’ordre des good vibes, de l’humanité, des échanges, des sourires, des rires… fidèle à l’esprit du projet. Le samedi 13 juin, de 14h à 19h, place aux live paintings [la liste des artistes à découvrir sur les comptes Instagram d’HospiArt, d’Artifexlab et de URBAN ARTS Magazine], aux ateliers pour petits et grands, aux rencontres artistiques… La journée se prolongera ensuite, à partir de 21h, par des festivités musicales dans le ciné-théâtre d’Artifexlab. Le dimanche, on remet le couvert de 14h à 19h ! Trois jours de partage dans une ambiance simple et chaleureuse !
Quelle est la suite ?
Les œuvres seront installées dans un premier établissement de santé, où nous espérons également organiser des ateliers pour les patients, avec des artistes du projet, les équipes soignantes et les animateurs des différents services. Au-delà, l’aventure continue ! Le projet reste ouvert à de nouveaux partenariats et à de nouveaux mécènes, dès lors qu’ils s’inscrivent dans cet état d’esprit profondément humain et tourné vers le partage.
À voir
« Tous EN100BLE pour l’hôpital »
Du 12 au 14 juin 2026
Artifexlab
10 rue de la Vacquerie 75011 Paris
Artifexlab : artifex-lab.com
Instagram : @artifexlab_paris
Hospi Art : @hospiart

FLog
Qu’est-ce qui t’a séduit dans le projet ?
Ce qui m’a séduit dans le projet de Rudy, c’est cette idée de faire entrer un peu d’art et d’inattendu dans un milieu qui manque parfois de gaieté et de couleurs. L’art devient alors une respiration, une manière de déplacer le regard, ne serait-ce qu’un instant, de la situation qui nous y amène. En tant qu’artiste et être humain, c’est un véritable honneur de participer à ce type d’initiative. J’espère apporter un sourire et de l’espoir à ceux qui traversent des moments difficiles, inspirer les patients de tous âges, leurs familles, mais aussi les infirmières, les médecins et toutes ces personnes incroyables qui consacrent leur vie à prendre soin des autres.
Soutenir « l’hôpital » prend-il pour toi un sens particulier ?
Soutenir l’hôpital, pour moi, est presque instinctif. C’est un lieu chargé d’histoires invisibles, de fragilité mais aussi de résistance silencieuse, ce qui fait totalement écho à mon art et à mon histoire personnelle.
Le support et sa surface en Acrovyn t’ont-ils inspiré ? Posé des défis particuliers ?
Bien que la surface lisse, presque clinique, du support impose une forme de rigueur, pour moi, cela n’a pas représenté de défis particuliers. D’ailleurs, aujourd’hui, il est techniquement possible de peindre sur n’importe quelle surface !
Qu’as-tu choisi d’interpréter ?
L’élan et la résistance. J’aimais l’idée de rendre hommage à la force et au combat de tous ceux qui traversent ces lieux, et que ce soit l’imaginaire qui vienne fissurer ces mots lourds, comme si, dans un geste simple, ils perdaient soudain de leur pouvoir. Il y a dans cette scène l’énergie du refus ainsi qu’une forme d’espoir, celle de croire que, même face à l’invisible, on peut encore inventer des façons de tenir debout… et parfois même, de frapper fort. J’ai intitulé cette peinture Fort-Midables, en hommage à la force et au dévouement de tout le personnel hospitalier et de ceux qui luttent contre la maladie. Si elle fait naître un sourire sur quelques visages, alors cela vaut la peine.
© Nico Giquel

Benjamin Rittner, Artifexlab
Quel est le concept d’Artifexlab ?
J’ai passé vingt ans dans l’industrie musicale, notamment dans l’organisation de tournées à grande échelle. Depuis longtemps, j’avais envie de créer un lieu qui soit à la fois un espace de création et un lieu de vie. Une envie partagée par Neb, réalisateur et artiste visuel, pionnier de la vidéo générative avec intelligence artificielle. Artifexlab est né de cette envie commune il y a un an. Très vite, l’idée s’est imposée de croiser les disciplines dans nos expositions en associant artistes « traditionnels » et artistes numériques, mais avec une position claire : l’IA doit rester un outil. Tous les deux mois, nous sélectionnons deux artistes que nous invitons à travailler ensemble pour concevoir une exposition pensée pour le lieu. Ce principe s’inscrit dans une volonté plus large : remettre l’humain au cœur du projet. Pour cela, il fallait un véritable lieu de vie, avec du bon vin, de la bonne bouffe, de bons cocktails…, un endroit où l’on vient aussi pour le plaisir d’être ensemble. Nous sommes convaincus que se retrouver reste un besoin fondamental, presque le seul bastion de l’humanisme aujourd’hui.
Qu’est-ce qui t’a séduit dans ce projet ?
Ce projet réunit une dimension sociale, humaniste et artistique qui fait sens avec ce que nous défendons chez Artifexlab. Il vient du cœur et s’accompagne aussi d’une véritable proposition artistique. C’est ce qui le rend juste. On sent d’ailleurs immédiatement l’engagement de Rudy. Et c’est sans doute ce qui explique que plus de 150 artistes aient répondu présents : le projet parle, il embarque. Je suis heureux de pouvoir présenter ces œuvres avant qu’elles ne rejoignent les hôpitaux. Ce projet me touche aussi de manière plus personnelle. Ma mère a travaillé à l’hôpital de Melun, et j’ai pu voir, à travers son expérience, la dégradation progressive des moyens dans l’hôpital public, avec des conséquences directes sur le personnel comme sur les patients. Alors tout ce qui peut contribuer à valoriser ces métiers essentiels, à apporter un peu de joie et à ouvrir une réflexion auprès du public me paraît essentiel.
Au-delà d’offrir ton espace d’exposition, pourquoi as-tu choisi de t’impliquer davantage ?
J’ai envie que ce projet prenne la forme d’un récit, celui des œuvres, bien sûr, mais aussi celui de l’engagement, de sa mise en espace et de son partage, pour donner toute leur place à l’association, aux artistes, aux partenaires, aux bénévoles, mais surtout aux patients et aux soignants. Sur trois jours, il faut donner à l’exposition la densité d’un véritable événement, capable de faire se rencontrer des mondes qui ne se croisent pas souvent pour des moments d’échange et de partage. L’enjeu est d’en faire un moment vivant, généreux, ouvert à tous. Cette dynamique fait écho aux valeurs portées par Rudy avec « Tous EN100BLE pour l’hôpital ».
© IG








