DAIM
Identité : Mirko Reisser aka DAIM
Date de naissance : 1971
Nationalité : Allemande
Formation : École supérieure d’art et de design de Lucerne (Suisse)
ON L’AIME POUR
- Son travail sur les lettres, leurs formes et l’espace.
- Sa façon de repousser les limites en fermant un cycle en cours tout en ouvrant le suivant.
- La tridimensionnalité qui a fait sa réputation.
J’aime l’idée que les lettres ne soient pas simplement posées sur le mur, mais qu’elles semblent en sortir, comme si elles étaient tangibles.
Daim
Adolescent à Hambourg, Mirko Reisser découvre le graffiti en sillonnant la ville pour photographier les murs avant même d’oser peindre. En 1989, une première sortie nocturne avec quelques bombes aérosol suffit à provoquer le déclic : il comprend que ce médium réunit la vitesse, la liberté et la possibilité d’inventer un langage qui lui appartienne. Après avoir signé sous un autre pseudonyme, il adopte DAIM au début des années 1990, un nom choisi autant pour sa force graphique que pour les tensions plastiques contenues dans chacune de ses quatre lettres. Très vite, ce mot devient son unique sujet. Loin d’une contrainte, cette réduction nourrit une recherche sans cesse renouvelée sur la construction, la déconstruction et la perception de l’espace. Influencé par son goût précoce pour le dessin réaliste, mais aussi par Van Gogh et Dalí, il abandonne progressivement le contour traditionnel au profit de la lumière et de l’ombre pour faire émerger les volumes. Cette démarche l’accompagne aussi bien dans la rue que sur la toile, puis en sculpture et dans des installations où le graffiti dialogue avec l’architecture.
Le travail de DAIM repose sur un paradoxe fécond : partir d’un motif immuable pour produire un champ infini de variations. Les quatre lettres de son nom ne sont jamais traitées comme un simple assemblage typographique, mais comme des masses capables de se tendre, de s’imbriquer… et qui semblent s’extraire du mur. La tridimensionnalité qui a fait sa réputation ne relève pas d’un effet spectaculaire ; elle procède d’une réflexion constante sur la lumière, la perspective et la matérialité des formes. Construction et effondrement coexistent dans une même image, où la stabilité paraît toujours menacée par une dynamique de fragmentation. Cette tension se prolonge dans ses sculptures, qui donnent une matérialité à des volumes autrefois suggérés par la peinture, ainsi que dans ses recherches numériques, envisagées comme de nouveaux espaces d’expérimentation. DAIM revendique une fidélité intacte à son médium d’origine : la bombe, la lettre et le défi permanent de renouveler son langage. Son œuvre continue ainsi d’élargir le champ du graffiti contemporain tout en affirmant qu’un style n’est jamais une destination, mais le point de départ d’une recherche en mouvement. Depuis plus de trois décennies, son parcours conjugue interventions monumentales, expositions muséales et commandes internationales, sans jamais rompre avec l’exigence fondatrice du writing.
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