Sonic : de New York à Paris

Avec ce solo show, ce pionnier historique du graffiti repousse les limites de sa pratique artistique autour de ce subway new-yorkais qui a été son premier terrain de jeu.

« J’ai peint sur tellement de wagons que je ne saurais les compter. Je peignais tous les jours et le métro était ma galerie, une galerie où 4 millions de personnes transitaient tous les jours. C’était comme être une rock star ! » se rappelle Sonic dans un sourire, qui a inspiré des générations d’artistes. C’est donc tout naturellement sur ce thème qu’il a imaginé « New York City Subway », premier solo show à la galerie Wallworks. L’exposition rassemble une quinzaine de toiles récentes nourries de l’univers hip-hop des seventies, une sélection de mobilier urbain du métro new-yorkais customisé et 20 répliques miniatures de wagons du métro de New York entièrement peintes par l’artiste.

Que s’est-il passé depuis notre rencontre il y a – déjà – un an ?
J’ai été très occupé ! J’ai fait une exposition personnelle aux Pays-Bas en juillet 2022 et j’en ai profité pour aller peindre en Belgique. Fin septembre, j’ai participé à un super projet pour aider les malvoyants à se rapprocher des graffitis et de l’Art Urbain. Nous en reparlerons… Et depuis le début de cette année, je me suis consacré à ce solo show chez Wallworks, plongeant dans la création d’œuvres qui, j’en suis convaincu, proposeront une expérience immersive à ne pas manquer.

Comment avez-vous abordé ce rendez-vous ?
Ce projet a impliqué une combinaison d’exploration créative et une compréhension fine du contexte, pour proposer une exposition mémorable. Je me suis inspiré de mes expériences, de mon environnement et de mes intérêts personnels pour créer un ensemble cohérent d’œuvres qui reflètent mon style personnel et ma vision artistique. Pour préparer cette exposition, j’ai effectué des recherches approfondies afin d’explorer de nouveaux concepts qui repoussent les limites de ma pratique artistique. J’ai également passé du temps à affiner mes idées, pour transmettre le bon message et trouver un écho auprès du public. La collaboration avec Claude Kunetz a également été cruciale. Nous avons travaillé en étroite collaboration pour organiser la présentation des œuvres dans l’espace de la galerie.

Comment est née l’idée de peindre sur des maquettes de wagons ?
Du charme des premiers graffitis sur le métro new-yorkais, dont j’ai été l’un des pionniers. J’ai souhaité reproduire mes œuvres emblématiques d’une manière unique et créative. Ces wagons miniatures m’ont permis de retrouver l’esprit de cette époque et de présenter mon travail dans un contexte différent. J’ai aimé ce défi de devoir capturer les détails de mes grandes œuvres à une échelle réduite. Ces maquettes sont devenues un support qui m’a permis d’affiner ma technique et d’expérimenter de nouveaux styles, tout en évoquant la nostalgie pour cette culture classique des graffitis new-yorkais.

Créer des œuvres originales sur des plans du métro représentait-il un autre défi pour vous ?
Non, c’est quelque chose que je fais depuis longtemps. C’est comme un exercice personnel et quotidien pour faire jaillir ma créativité. J’aime laisser mon imagination vagabonder. Tout ce qui me vient à l’esprit se retrouve alors sur la carte, créant à chaque fois une œuvre unique. Chaque plan a une signification particulière pour moi, car il représente New York City, qui est non seulement ma ville de naissance mais aussi celle du graffiti.

Que représente pour vous un solo show à Paris ?
C’est très important, à plusieurs niveaux. D’abord, Paris est réputée pour être un centre mondial de l’art et de la culture. Présenter mes créations devant un large public de connaisseurs m’offre une opportunité sans précédent pour affirmer mon image et m’ouvrir de nouvelles opportunités de collaborations. Grâce à cette exposition dans une ville aussi prestigieuse, mon travail est « légitimé », comblant le fossé entre le graffiti et l’art contemporain. Et cette reconnaissance contribuera aussi, je l’espère, à la réflexion en cours sur l’importance de ce mouvement, qui a toujours été vu comme rebelle, un peu clandestin, dans la culture contemporaine.

Comment cela ?
Mon exposition personnelle à Paris peut aider à remettre en question la perception du graffiti non comme un acte de vandalisme, mais comme une forme d’art légitime. Elle peut aussi apporter un véritable échange international, favorisant la compréhension et l’appréciation de l’Art Urbain au-delà des frontières. En tant qu’artiste américain, je peux apporter une vision sur les influences du graffiti new-yorkais, enrichissant la scène artistique locale et créant une fusion dynamique des cultures. Cet événement symbolise le pouvoir de l’art à transcender les frontières, ce qui en fait une occasion exceptionnelle dans le monde de l’art contemporain.

Quelle vision avez-vous du monde de l’art à Paris ?
À mes yeux, Paris est un lieu où l’art et la culture se mêlent harmonieusement. Cette ville, avec son histoire et ses monuments emblématiques, exercent un attrait irrésistible et apportent un cadre envoûtant pour l’expression artistique. Avec son indéniable magie, Paris attire les artistes du monde entier.

Et de l’Art Urbain ?
Pour moi, Paris représente un royaume onirique où le graffiti transcende le simple vandalisme, devenant une symphonie de créativité rebelle tissée dans le tissu de la culture parisienne. Je vois la scène artistique urbaine locale comme un mélange de tradition et de « flair » contemporain, où des artistes d’horizons divers convergent pour laisser leur empreinte sur les murs de la ville. Être ici m’offre une opportunité passionnante de m’engager dans un nouvel environnement, d’échanger des idées artistiques avec des artistes locaux et internationaux et de prendre part à cette dynamique propre à la Ville Lumière.

Publications similaires